28-29 Mai 2015
St-Martin du Fouilloux (49)
Aux portes d'Angers

Avec l’arbre, on peut cohabiter

Des arbres au milieu des cultures… l’idée fait encore un peu peur. Les uns et les autres gagnent pourtant à voisiner.

« Lorsque l’on parle d’agroforesterie, certains agriculteurs hésitent encore… Il n’y a pourtant pas de raison d’avoir peur » remarque Jean-Charles Vicet, conseiller à la chambre d’agriculture de Loire-Atlantique. La pratique se développe, certes mais encore lentement : 300 ha en Pays de la Loire dont 200 en Loire-Atlantique. Alors, ses tenants s’évertuent à apaiser les craintes. « A raison d’une rangée d’arbres plantés tous les 30 m et sur une largeur de 0,80 m à 1 m, l’agroforesterie ne consomme au pire que 2 à 3% de l’espace. » Les cultures peuvent donc s’épanouir à ses côtés… à condition toutefois de « raser » tous les 5 ans les racines au droit des arbres et jusqu’assez bas afin qu’elles s’épanouissent sous les blés et autres maïs sans les concurrencer. Et, bien sûr, de leur faire la coiffure « au carré », une fois de temps en temps, pour ne pas masquer le soleil.

Arbres… et poireaux

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A ce régime certains les font cohabiter avec des céréales, bien sûr, mais aussi des patates, ou même des miscanthus ou des poireaux. « J’ai même vu un projet d’agroforesterie en lapins de plein air ! » Quant à la colocation avec le pâturage elle sait se faire harmonieuse… « Il y a des solutions pour le faciliter. » Enfint, en adoptant des multiples de 3 mètres, pas de souci pour le passage de la plupart des outils… surtout à l’heure où les rampes et autres herses se replient par appui sur un simple bouton.

Et puis, l’agroforesterie a ses atouts, compatibles avec l’AEI. « Une rangée d’arbres tous les 30 mètres, ce peut être un sacré réservoir d’auxiliaires et de pollinisateurs. »

Un atout pour l’installation

Plus étonnant encore, l’agroforesterie peut favoriser… l’installation des jeunes. « Je vois beaucoup d’agriculteurs qui, à l’approche de la retraite, plantent deux ou trois hectares de forêt pour se faire un complément de revenu. Mais on risque ainsi de miter et réduire les espaces destinés aux cultures… et finalement de limiter les possibilités d’installations de jeunes. L’agroforesterie permet de combiner ces deux objectifs. »

Certes, il faut pour planter, investir 350 à 450 euros/ ha. Mais dès l’année suivante ce capital se valorise de 1,5 à 2,5 % et continuera à le faire durant 30 ans. Une caractéristique qui permet d’inscrire ces arbres en haut de bilan ! Stéphane Lavigne, éleveur de poules pondeuses en 44, en témoigne, qui s’exclame : «Oui, mon banquier aime bien mes arbres ! »