28-29 Mai 2015
St-Martin du Fouilloux (49)
Aux portes d'Angers

Booster la vie du sol c’est possible

Sans sol bien vivant, pas ou peu de rendements. Mais l’agriculteur n’est pas sans armes pour doper les petites bêtes utiles qui l’habitent.

« Les organismes vivants qui peuplent le sol sont d’une diversité impressionnante et utile. Certaines pratiques agricoles peuvent en favoriser ou non le développement, » résume Virginie Riou, de la chambre d’agriculture du Maine et Loire. Nés du projet Agrinov, des outils de diagnostic aident à évaluer cette richesse… Et, à terme on pourra établir des préconisations pour l’augmenter. Sous un hectare de bonne terre s’activerait en effet – en biomasse animale – l’équivalent de 10 UGB (gros bovins). Parmi eux des bactéries, des champignons, des protozaires, des nématodes… et les bien connus vers de terre.

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Dix gros bovins sous vos pieds

Bien connus ? Pas si sûr ! « Tous les vers de terre ne se valent pas, ou, tout au moins ne jouent pas le même rôle », précise Kevin Hoffner de l’Université de Rennes. Parmi eux, les épigés vont travailler plutôt en surface du sol. Déjà bien, mais pas assez. En revanche, si l’on trouve sous sa bêche un bel amas d’anéciques, c’est la joie : cette espèce taille en effet sa route verticalement dans le sol jusqu’à 1 mètre de profondeur et plus. Et s’il s’agit d’anéciques à tête rouge c’est encore mieux car contrairement à leurs frères à tête noire, ils ne s’arrêtent pas de bosser en été ! Apprendre à les reconnaître c’est déjà un début. Mais, comme pour les autres êtres vivants, il leur faut, pour prospérer, au moins le gîte et le couvert. C’est là le job de l’agriculteur. A condition d’identifier les bons leviers pour favoriser, par exemple, les anéciques. Deux exemples : ils seront moins nombreux dans les systèmes « labour + engrais minéral », et plus abondants dans les sols de semis sous couverts « engraissé » au fumier de volaille. Entre ces deux extrêmes chacun peut trouver « sa » solution.

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Un ver de terre en cache un autre

Ce qui vaut pour les lombrics vaut pour les micro-organismes. « A cette différence qu’on ne peut les observer qu’au microscope ! » remarque Jean-Marc Sanchez, de la société Lallemand. Qui ajoute : «Mais, fixés sur les racines ou en pourtour, ce sont eux qui permettent à la plante de digérer les nutriments. »  Bonne nouvelle: quand ils manquent, certains peuvent être « inoculés », là où l’on en a besoin. A l’image de ces bacillus qui aident la plante à solubiliser le phosphore ou de ces levures qui dopent la dégradation de la matière organique.

A voir aux Terrenales – Atelier U 1.28