28-29 Mai 2015
St-Martin du Fouilloux (49)
Aux portes d'Angers

La résistivité intra-parcellaire des sols

Grâce à la carte de résistivité de ses sols, l’agriculteur peut « zoner » ses parcelles. Et moduler ses interventions selon le potentiel réel, d’un point à un autre.

« Quand nous sommes venus sur ce champ, nous avons creusé à la tarière jusqu’à plus d’un mètre. Logique, nous étions sur un drain. Dix mètres plus loin nous serions tombés sur une ancienne mare ou une carrière oubliée ! » Pour Jean-Marc Valette, pas de doute : creuser au hasard ici ou là ne suffit pas à déceler le potentiel d’une parcelle, ou plutôt ses potentiels tant ils peuvent varier au mètre près. Pour pallier ces risques d’erreur, sa société, Géocarta, propose de réaliser la carte de la résistivité intra-parcellaire des sols. Plutôt que la bêche, sa drôle de machine, attelée à un quad, utilise le courant électrique « injecté » dans la terre. «S’il y a de la roche ou du sable, çà ne passe pas ou peu. Là où c’est de l’argile la profondeur du sol – et donc sa réserve utile – est meilleure. » En résulte une carte colorée de rouge de bleu ou de vert, selon ces caractéristiques.

« Ici, pas la peine de s’acharner ! »

Atelier U.1.30 A

A partir de ce premier zonage, les équipes de Terrena peuvent prélever, à la tarière cette fois, des échantillons aux fins d’analyse. «Bien plus fiable que si l’on avait mélangé des carottages pris un peu partout sur la parcelle » remarque Nicolas Bloch (La Noëlle Environnement). « On obtient un état physico-chimique précis de chaque secteur identifié, donc de son potentiel. Et, d’emblée, on le sait : à tel endroit, pas la peine de s’acharner à apporter du phosphore ou de la potasse ; on se ruinerait sans gagner un quintal en plus. Plus bas en revanche, le potentiel sera manifestement inexploité si l’on en reste à la dose moyenne. » De ces observations on extrait des cartes de préconisations numérisées et glissées dans le boîtier ad hoc du tracteur doté d’outils de modulation.

Deux variétés au choix

Atelier U 1.30. D

A l’heure de la fumure de fond ou de la fertilisation, chaque point recevra ainsi « sa » juste dose, ni plus ni moins. « Là où ils sont dotés de plusieurs compartiments, les épandeurs d’engrais peuvent même apporter en même temps, et à doses distinctes, la chaux et la potasse, la magnésie et le phosphore etc. » Et l’on parle déjà – cela se fait aux USA – de semer en même temps deux variétés distinctes : l’une qui fera ses choux gras sur sols profonds, l’autre qui sauverait l’essentiel là où la terre est ingrate. Tout çà grâce au courant ! Au fait, qui a parlé un jour de la « fée électricité » ?

A voir aux Terrenales – Atelier U 1.30