28-29 Mai 2015
St-Martin du Fouilloux (49)
Aux portes d'Angers

Les trichogrammes : plus que jamais au goût du jour

Trente ans et encore jeune !

La lutte biologique contre la pyrale du maïs au moyen des trichogrammes est la plus ancienne pratiquée en France. En grandes cultures, elle est encore la seule actuellement disponible. Elle concerne 120 000 hectares en France soir un quart des surfaces de maïs traitées contre la pyrale. « Pour nous c’est encore quelque chose de nouveau » témoigne Dominique Brosseau technico commercial de la coopérative Terrena. Sur son secteur du Lion d’Angers au nord du Maine et Loire, il est un fervent vulgarisateur de cette méthode de lutte naturelle. « Il y a encore trois ans, nous n’avions pas de problèmes avec la pyrale dans notre secteur. »

Selon lui le développement de ce ravageur bien connu dans les zones sud de la France est lié au réchauffement climatique. « En dehors du semis direct du maïs, qui reste peu répandu, il n’y a pas d’autre raison technique au développement de la pyrale dans notre zone. » Dominique Brosseau a lui fait le choix d’orienter les producteurs qu’il suit vers l’usage des trichogrammes : « J’ai aujourd’hui 600 hectares de maïs protégés avec cette méthode ce qui représente 70 % de la surface que je suis.

Aucun des producteurs qui l’ont adoptée n’a arrêté jusqu’ici. » L’efficacité de 90 % et le coût de 35 euros par hectare sont équivalents à ceux d’une protection au moyen d’insecticides classiques. Elle serait même supérieure en cas de vol très étalé des papillons de pyrales dont le pic de pontes peut durer trois semaines. Dans ce cas, un traitement chimique ne parvient pas à couvrir toutes les émergences de chenilles et un second passage n’est plus possible en général du fait du développement de la végétation.

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Comment ça marche ?

Installés dans la parcelle avant le début des pontes, les diffuseurs de trichogrammes sont eux actifs pendant quatre à six semaines. « En fait le développement des œufs de trichogrammes se fait en parallèle de celui des œufs de pyrale en fonction des conditions météos. » Comme l’explique Sébastien Rousselle de la société Biotop, cette méthode a bénéficié de perfectionnements majeurs ces dernières années.

Les diffuseurs en cartons proposés protégés par plusieurs brevets, constituent désormais un concentré de technologie. « Il y a quinze ans, il fallait effectuer trois lâchers car les capsules utilisées ne contenaient qu’une seule génération de trichogrammes. Aujourd’hui chaque plaquette contient quatre générations à éclosions successives. Un seul lâcher est donc suffisant. Il suffit de déposer 25 plaquettes par hectare. Sur 9000 œufs, 60 à 70 % sont des femelles pour optimiser le ratio de ponte.

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Chaque plaquette constitue à elle seule un mini élevage : La quatrième génération est en fait produite par l’éclosion de la première génération. Celle-ci trouve des oeufs de teigne de la farine à parasiter et ce sont les adultes de trichogrammes émergents de ces œufs qui constituent la quatrième génération. Les plaquettes sont également garnies d’une solution nutritive pour améliorer la longévité et la fécondité des trichogrammes : « Les femelles quand elles sortent des diffuseurs peuvent aller pondre directement sans nécessité de s’alimenter auparavant » . Les trous de sortie des adultes sont également dimensionnés de façon à éviter l’intrusion de prédateurs des œufs de trichogrammes qui sont, paraît-il fort succulents. Le dernier obstacle à la généralisation de cette méthode de lutte est qu’elle n’est point mécanisée. « Nous travaillons aujourd’hui à améliorer les diffuseurs pour lever ce handicap. »