28-29 Mai 2015
St-Martin du Fouilloux (49)
Aux portes d'Angers

Maraîchage : le bio contrôle en voie de se généraliser

Ils portent de drôle de noms : Amblyseius, Encarsia, Macrocheles, etc. Ils sont de la grande tribu des auxiliaires, ennemis jurés des ravageurs de tous poils. Ces agents de bio contrôle souvent de taille microscopique sont devenus monnaie courante en production maraichère sous abris comme le montre l’étendue des solutions présentées aux Terrenales.

Obtenir des produits plus sains

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« Quasiment toutes les productions hors-sol de légumes sont conduites aujourd’hui en protection biologique intégrée » témoigne Hélène Boucher de la société Ného distribution. De nombreux maraichers ne veulent plus faire de traitements insecticides en raison des contraintes que cela implique mais également pour obtenir des produits plus sains. De même, il existe de nombreux cahiers des charges qui excluent l’usage des insecticides chimiques. » Contre les maladies, les solutions sont moins nombreuses mais gagnent néanmoins du terrain comme le Trichoderma, champignon protecteur des racines. « Contre l’oïdium nous avons également des solutions alternatives qui, si elles autorisent de réduire l’emploi de produits chimiques, ne permettent pas leur suppression complète. » Contre le mildiou, le maraichage manque encore de solutions pleinement efficaces. Contre le botrytis, les maraîchers devraient bientôt bénéficier de nouveaux auxilliaires. Développé depuis plus de vingt ans par des sociétés spécialisées, le bio contrôle des ravageurs peine à s’étendre dans les cultures de plein champ. « Le problème numéro un ce sont les coûts encore trop élevés » explique Thierry Wegrich responsable commercial chez Koppert France.

Le coût a diminué

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En concombre sous abris, le coût d’une protection par bio contrôle atteint 60 à 80 centimes par mètre carré. « En plein champ, il est inenvisageable aujourd’hui pour les producteurs de faire une telle dépense. » Le coût de cinq à dix fois supérieur à une protection chimique classique est lié au processus de production des auxiliaires. Il faudra trouver de nouvelles façons de produire pour s’adapter à ce nouveau marché. Ce n’est pas impossible. Sur la production de nématodes, les coûts ont considérablement diminué en dix ans. » Certaines solutions semblent d’ores et déjà adaptées au plein champ sur le plan technique. C’est le cas de Macrocheles robustulus, un acarien du sol utile contre les mouches des semis sur diverses cultures. Des essais conduits en plein champ sur radis ont montré une bonne efficacité : « C’est un acarien du sol. Il est donc peu sensible aux aléas climatiques et comme le ravageur s’attaque au collet des plantes il est facilement accessible. Nous avons de bons résultats sur des cultures à cycle court comme le radis, l’oignon ou le navet » souligne Émilie Lascaux du service R& D Koppert. En dépit de son coût, cette solution s’avère prometteuse vu la réduction des homologations des solutions chimiques.

Des innovations à découvrir sur l’atelier 2.14 des Terrenales